ReBin distribue les sacs et les réchauds biogas (B)Energy à Toffo (en language Fon)

La Team du Centre de Valorisation de Toffo commence la distribution des équipements biogaz Katrin Puetz B Energy à tous les voisins qui se portent volontaires pour une période de 1 à 3 mois.

Notre objectif: informer, sensibiliser, former, convaincre et adopter une méthode de cuisson saine et écologique. Son coût est abordable lorsque vous entrez dans le système de l’économie circulaire en payant la recharge avec vos propres déchets solides ménagers 😉

Faisons de Toffo la première commune biogaz à usage domestique du Bénin 😉

Pourquoi le biogaz est-il une bonne alternative ?

Pourquoi le biogaz est-il une bonne alternative ?

Le biogaz, qu’est-ce que c’est ?

Le biogaz est un biocarburant qui est produit naturellement à partir de la décomposition des déchets organiques en l’absence d’oxygène (processus également connu sous le nom de digestion anaérobie). Le biogaz est constitué principalement de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2) dans des proportions qui dépendent de la matière première digérée et des techniques de production. La quantité ou le volume de biogaz est normalement exprimé en «Normo m3» (Nm3), une unité utilisée dans l’industrie qui permet de comparer des mesures effectuées dans des conditions différentes et ramené aux conditions normatives. La valeur énergétique du biogaz varie entre 4,5 et 8,5 kWh / Nm3 en fonction des quantités de méthane, de dioxyde de carbone et d’autres gaz. Cela correspond à approximativement un demi-litre de gazole ou 5,5 kg de bois de chauffage. De plus même si le méthane et le dioxyde de carbone sont inodores, le biogaz peut également contenir une variété de composés tels que le sulfure d’hydrogène responsable d’une odeur désagréable. En ce qui concerne ses constituants, le biogaz est comparable au gaz naturel, qui contient cependant jusqu’à 99% de méthane. La différence majeure entre les deux gaz est que le méthane présent dans le gaz naturel a des origines fossiles. Le biogaz peut être utilisé pour remplacer le gaz naturel dans de nombreuses applications telles que la cuisson, la production d’électricité ou la production de chaleur. Sous forme de bio-méthane (quand le biogaz est épuré), il peut être utilisé comme carburant véhiculaire.

Alors, comment ça marche ?

Le cycle de production et d’utilisation du biogaz est continu. Les matières organiques telles que le fumier, les résidus agricoles, les boues d’épuration ou les déchets ménagers sont introduites dans un digesteur de biogaz. Au sein du digesteur, la fermentation des matières organiques prend entre 14 et 40 jours pour produire du biogaz. Contrairement aux idées reçues, les installations de biogaz ne sont pas remplies de gaz explosifs sous pression, car les réservoirs sont principalement remplis d’eaux usées et seul le sommet de ces réservoirs contient du gaz.

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Par conséquent, s’ils sont manipulés et entretenus correctement, les digesteurs de biogaz ne sont pas des infrastructures dangereuses. Pendant la digestion anaérobie, le maintien d’une température adéquate constante ainsi que l’utilisation d’eau afin de maintenir la culture bactérienne sont des facteurs clés pour maximiser la production de gaz.

Qu’est-ce qui sort d’un digesteur de biogaz ?

Selon notre partenaire (B) energy, 15 kg de bouse de vache (ou déchets organiques de cuisine[1]) et la même quantité d’eaux usées produisent environ 1 Nm3 de biogaz avec lesquels on peut cuisiner pendant environ 3 à 4 heures. Une fois le processus de digestion anaérobie terminé, les composés organiques restants sont transformés en un engrais de haute qualité appelé digestat. Ce bio-engrais peut être séparé: la partie solide peut être compostée et la partie liquide peut être utilisée comme engrais liquide. Lorsque le digestat disponible ne peut pas être utilisé immédiatement, il peut être stocké et ajouté au compostage avec d’autres matières organiques. L’engrais composté résultant peut ensuite être stocké pendant plusieurs semaines.
[1] Au Bénin, les déchets ménagers sont principalement composés de déchets de cuisine, de restes de nourriture et de peaux de légumes et de fruits

Pourquoi le biogaz est une alternative énergétique durable ?

DSC_1849 Près de trois milliards de personnes dans les pays en développement comptent sur le bois, le charbon de bois, les excréments d’animaux, les déchets agricoles ou le charbon pour satisfaire leurs besoins énergétiques en matière de cuisson. Cette dépendance aux combustibles solides a des conséquences graves pour leur santé, l’environnement et le développement social et économique. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la pollution de l’air due à la cuisson et au chauffage tue plus de 4 millions de personnes chaque année et affecte la santé de millions d’autres personnes. Actuellement, au Bénin, 94% de la population utilise des combustibles solides pour cuisiner. En introduisant un nouveau modèle d’affaires autour d’une solution mobile de distribution du biogaz à usage domestique, notre projet pilote à Toffo répond ainsi aux besoins humains fondamentaux, tout en émancipant et en engageant les communautés locales.

De nos jours, le secteur de gestion des déchets contribue directement à l’effet de serre. Les décharges sont une source importante d’émanations de gaz à effet de serre (GES), notamment de méthane, et les installations de biogaz pourraient considérablement réduire cet effet de serre en capturant ce gaz nocif. L’impact de notre projet ne s’arrête pas là car l’utilisation du digestat a le potentiel d’améliorer la fertilité et la structure du sol en améliorant la productivité agricole dans les communes les plus pauvres, où l’utilisation de pesticides chimiques et la récolte non durable du bois contribuent à la perte de la biodiversité et la dégradation des terres. Le site de valorisation des déchets de Rebin produira 10 000 m3 de biogaz et plus de 400 tonnes d’engrais organique par an, économisant ainsi 164 tonnes de bois utilisé comme combustible de cuisine par les familles et contribuant à une réduction de 330 tonnes de CO2.

Étant donné que la production de biogaz repose sur l’utilisation de matière organique, la production peut être facilement maintenue même dans les zones rurales où les déchets organiques sont facilement disponibles. Pour les ménages des pays en développement, l’utilisation du biogaz pourrait non seulement permettre de réaliser des économies et d’améliorer la santé grâce à l’utilisation réduite de sources d’énergie non durables, mais aussi améliorer globalement le niveau de vie des familles vu que les déchets qu’ils produisent se transforment en ressources qu’ils peuvent apporter sur le site de valorisation en échange d’un paiement.

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Enfin, avec notre projet pilote, Rebin crée de nouvelles opportunités d’emploi en offrant des conditions de travail décentes et en engageant les femmes dans tout le modèle entrepreneurial. Nous considérons que les femmes au Bénin, en étant les principales utilisatrices de fuels à usage domestique et en ayant une connaissance approfondie des conditions et des ressources locales, jouent un rôle important dans l’adoption de biocarburants et d’équipements innovants et propres.

L’adoption de la technologie du biogaz présente de nombreux avantages : développement économique, impact environnemental et social et enfin, dernier élément mais non des moindres, durabilité.

 

Déchets au Bénin: le problème stratégique

Déchets au Bénin: le problème stratégique

La quantité de déchets augmente globalement à un rythme alarmant et la croissance attendue de la population mondiale à 9 milliards d’ici 2050 représente une menace immense pour la société à l’environnement. L’émergence d’une classe moyenne dans les pays en développement aggrave la situation. L’OCDE a estimé que leur nombre passera de 1,8 milliard en 2009 à 4,9 en 2030. Le rôle de cette classe moyenne dans la croissance économique, mais aussi dans la consommation de biens et de services deviendra prédominante.

Le modèle actuel de consommation est souvent limité à  » Prendre – Produire – Jeter « . L’élimination des déchets est considérée comme étant la dernière étape de notre chaîne de valeur et son impact sur la société, l’environnement et l’économie est largement sous-estimé. Le système cherche à améliorer la situation actuelle plutôt que de penser à une autre solution pour satisfaire les besoins réels. La gestion des déchets est généralement considérée du point de vue local uniquement, mais dépend surtout de phénomènes sociaux et culturels qui traversent les frontières des communautés naturelles.

Les problèmes posés par les déchets dans les pays en développement comme le Bénin sont multiples et augmentent la vulnérabilité de la population, les classes les plus défavorisées tout particulièrement. Les dommages causés aux vies humaines et de l’environnement sont permanents. Le manque de compréhension en ce qui concerne la complexité et les défis résultant de la production, l’accumulation et la mauvaise gestion des déchets est la principale raison pour laquelle les gouvernements relèguent son importance derrière la priorité pour le développement de l’économie du pays.

Il est donc indispensable de repenser ce problème d’une manière plus complète en le repositionnant dans un cadre coordonné et intégré, qui assure la pérennité des initiatives futures. Surtout que les défis techniques, financiers, environnementaux et institutionnels sont énormes.

Avec l’augmentation de la population mondiale, sa durée de vie et l’émergence d’une classe qui va jouer un rôle dominant dans notre modèle de consommation, nous sommes confrontés à une crise majeure avec la quantité de déchets que nous produisons et la façon dont nous les gérons globalement. Matières plastiques, métaux et autres substances toxiques sont présentes dans tous les consommables et exigent des moyens plus sophistiqués et coûteux pour s’en débarasser.

Malgré les ressources financières et industrielles que les pays les plus riches ont à leur disposition, seule une quantité limitée de nos déchets est traitée localement. Le reste est «exporté» vers les régions les plus pauvres de la planète. En outre, ces mêmes pays souffrent de la transition rapide des déchets organiques aux plus industrialisés, sans les ressources financières et les moyens techniques pour faire face à ce défi majeur.

Depuis 1987, la République du Bénin a adopté plusieurs lois et décrets nationaux avec l’objectif d’assainir le cadre de vie et de travail des communautés. Il a déjà mis en œuvre des actions en partenariat avec des organisations actives dans le secteur de la gestion des déchets. Le coût de la mise en œuvre d’un système complet qui optimise la collecte des déchets et favorise une meilleure utilisation des mécanismes de recyclage est évalué à plus d’un demi-milliard d’euros répartis sur vingt-cinq ans. Le succès dépend aussi de la capacité du gouvernement à mettre en place un cadre institutionnel et réglementaire efficace, ainsi que la gestion des multiples flux impliqués dans un cycle de vie rationnel des déchets. Le gouvernement ne peut s’attaquer à ce défi immense qu’avec des partenariats privés qui apporteront des solutions innovantes pour réduire au minimum les coûts environnementaux et sanitaires sur le court, moyen et long terme.

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              Photo prise à Cotonou (Lagune) en Septembre 2015

Il y a une augmentation de la prise de conscience autour de la gestion des déchets dans les pays développés et en développement, mais la question est encore posée principalement sous l’angle de l’environnement et néglige les interactions sociales et économiques. Nous pouvons et nous devons transformer le problème en une opportunité pour la durabilité. Il ne faut plus regarder les déchets comme un coût inévitable, mais comme une ressource à exploiter par l’industrie et l’agriculture.

  • Les déchets ont un impact sur l’environnement dans son ensemble et créent des risques pour l’humanité avec des centaines de milliers de décès par an causés uniquement par son effet sur l’eau.
  • Les autorités locales et les contribuables financent en grande partie la gestion des déchets, en mettant le fardeau principalement sur les communautés et non pas sur les entreprises qui font des profits sur la collecte et l’élimination des déchets dans les décharges.
  • La plupart des déchets a une valeur et peuvent être considérés comme une ressource précieuse. La base d’une économie « Zéro Déchet » existe, mais n’est pas efficace, en grande partie en raison de ses activités de mise en œuvre et de recyclage coûteuses.
  • La mauvaise gestion des déchets est un obstacle au développement économique. Il est difficile de concevoir que le secteur public est seul responsable de la gestion des déchets et des coûts supposés alors que le secteur privé est en charge des opérations et absorbe les profits générés.
  • Les gens, les ménages et les entreprises sont les seuls à contribuer au processus du cycle de vie des déchets, mais ne sont pas des acteurs responsables en général. Les normes sociales et culturelles varient d’un pays à l’autre et l’éducation est le principal moteur du changement nécessaire dans la mentalité collective.

Fédérer les acteurs, à savoir l’Etat, les autorités locales, la population, les collecteurs, les industries et les entreprises, autour d’un objectif commun. Un moyen pour atteindre cet objectif est de transformer les déchets en ressources. Nous pouvons adopter un nouveau paradigme qui peut créer des opportunités, générant des revenus pour les plus pauvres, plus d’emplois spécialisés. Ce qui permet aussi d’orienter les dépenses publiques dans d’autres directions telles que l’éducation et la santé, et la réutilisation de nos ressources naturelles grâce à un processus de recyclage plus efficace. Notre projet de gestion des déchets doit être l’occasion pour le gouvernement de réaliser ses programmes, tout en misant sur les outils juridiques, réglementaires, organisationnels, techniques, économiques et financiers pour la plupart déjà existants.

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Par Mark E Giannelli, Avril 2016

ReBin 2016 ©

Lixiviat : une soupe chimique

Lixiviat : une soupe chimique

Le lixiviat est une soupe chimique et une menace non seulement pour l’environnement, mais aussi pour les êtres humains.

Un élément est essentiel à l’existence même de la vie sur terre. Chaque écosystème en dépend, de la toundra boréale en Alaska à la grande forêt amazonienne. Il est dans l’air que nous respirons jusqu’à notre corps ; il transporte les nutriments du sol des deltas des rivières jusqu’aux océans. L’eau est l’élément vital de notre planète et tout dépend de son parcours lent et sinueux, mais sans fin à travers le monde. Tout ce qui est autour de nous, même le sol sur lequel nous marchons est lavé et balayé par la pluie. Elle suinte à travers les couches supérieures du sol pour se retrouver dans les réserves d’eau des nappes phréatiques.

Malheureusement, en raison de la nature même de l’eau, d’autres particules plus nocives telles que les composés chimiques et les déchets industriels provenant des mines et des décharges peuvent également être dissoutes. Et le monde industrialisé dans lequel nous vivons offre de nombreuses occasions pour que la pollution se produise à tout instant.

Des lignes directrices existent bien sûr, pour l’élimination appropriée des vieux appareils électroniques, des coques revêtues de PCB et des camions débordant de matières plastiques. Mais les règlements arrivent à peine à superviser le marché officiel et de vastes régions du monde restent invisibles par ceux qui souhaitent une meilleure législation. Les pays en voie de développement, mal équipés pour cette tâche immense qu’est le traitement et le recyclage des déchets, sont principalement grevés par l’énorme quantité de déchets toxiques produits par les pays industrialisés.

Le lixiviat est un terme généralement inconnu du profane, mais largement utilisé dans les sciences de l’environnement et de la gestion des déchets. Il décrit les phénomènes de la pollution des eaux, souvent en conjonction avec des décharges ou des opérations minières. Selon le type de décharges, tout élément, des matières fécales aux métaux lourds et des composés inorganiques tels que : le calcium, le magnésium, le sodium, le potassium, l’ammonium, le fer et le sulfate peuvent s’infiltrer dans les nappes phréatiques environnantes. Les décharges municipales où sont entreposés les déchets solides génèrent habituellement une « soupe chimique » si concentrée que même de petites quantités peuvent être une source d’inquiétude si elle est exposée à l’eau.

Même avec les réglementations existantes, des accidents se produisent, comme celui de la décharge d’East Taphouse (Connonbridge) il y a deux ans. Une quantité inconnue de liquide versée dans les cours d’eau à proximité a transformé les algues qui sont devenues d’une couleur orange vif. Le site était opérationnel depuis 1969 avec s’est vu attribuer une extension de 22 ans. La couche du revêtement la plus basse (habituellement une couche d’argile) a probablement empêché le lixiviat de quitter la décharge et s’écoulait en dehors par négligence. S’en est suivi une catastrophe naturelle pour la population et l’économie locales, ainsi que pour l’environnement bien entendu.

Nos réserves d’eau douce ne sont pas infinies et les sécheresses liées aux changements climatiques les diminuent encore plus régulièrement. Prendre soin de nos approvisionnements en eau doit être une priorité absolue, en particulier dans les zones d’activités industrielles telles que l’exploitation minière ou les décharges. Mais la responsabilité pour un avenir meilleur se trouve également dans la sphère du consommateur que nous sommes. Nous ne pouvons plus ignorer les tâches faciles à faire, comme le tri et le recyclage des déchets avant leur élimination. Agissons tous de manière responsable !

 

Par Mark Giannelli, Octobre 2015

Rebin Do More Than Waste ©

 

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Lake Expo 2015

Lake Expo 2015, Genève

Lake Expo 2015, Genève

Dans le cadre de notre projet de développement durable, nous sommes heureux de vous inviter au lancement de la « Expo Lake » à Genève organisée par Green Cross International.

Nous avons exposé trois panneaux qui expliquent nos idées et le concept derrière nos projets futurs.

L’événement aura lieu le samedi 5 Septembre , à partir de 15 heures. L’accueil sera situé en face du Palais Wilson, près du lac.

Le thème de l’exposition pour 2015 est « L’avenir que nous voulons ». Nous serons ravis de vous présenter notre projet et les panneaux d’exposition qui seront affichés tout au long du mois de Septembre.

 

Par Mark Giannelli, Octobre 2015

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Lake Expo 2015Lake Expo 2015