Une fondation suisse fait de «l’or avec des ordures»

Une fondation suisse fait de «l’or avec des ordures»

BeninA Houègbo, la Fondation ReBin transforme 6 tonnes de déchets organiques par semaine en 100 m3 de biogaz. Elle produit aussi des engrais «bio».

Agnès Avocè porte fièrement un gros sac de biogaz sur son dos: plus de quatre kilos de gaz qu’elle vient de se procurer dans un centre pilote de gestion des ordures dans le sud du Bénin.

Pour cette jeune commerçante et mère de famille de cinq enfants, adieu la cuisine au charbon de bois qui «noircit les marmites et rend malade» et vive le biogaz!

Agnès Avocè porte fièrement un gros sac de biogaz sur son dos: plus de quatre kilos de gaz qu’elle vient de se procurer dans un centre pilote de gestion des ordures dans le sud du Bénin.

Pour cette jeune commerçante et mère de famille de cinq enfants, adieu la cuisine au charbon de bois qui «noircit les marmites et rend malade» et vive le biogaz!

Symphorien Adonon, 35 ans, est conducteur de moto. Avant de démarrer sa journée, il est venu déposer au centre la collecte d’une semaine de déchets soigneusement triés. Il empoche fièrement son dû: de quoi faire les courses pour le repas du soir, se réjouit-il. Le reste des ordures traitées – qui représentent un total de plus de vingt tonnes depuis juin 2018 – est apporté par une ONG locale de ramassage des ordures, Astome (Assainissement, sensibilisation, traitement des ordures ménagers et entretien).

Florent Gbégnon, le président de cette association, récoltait autrefois les ordures de sa localité avec une charrette. C’est désormais avec un tricycle fourni par le centre qu’il assure le convoyage. «Le soulagement est énorme. Pousser les charrettes, c’était comme (porter) une croix», lâche-t-il en vidant d’énormes déchets de résidus d’ananas.

Mine d’or

Le taux d’évacuation des ordures pour tout le Bénin est en moyenne de 17% (39% en milieu urbain et à peine 3% en milieu rural), selon l’ONG locale PAVCD, spécialisée dans l’assainissement en milieu urbain et péri-urbain.

Dans cette région agricole de Toffo, le marché de Houègbo est l’un des plus fréquentés du pays et la mairie affirme que plus d’une tonne de déchets d’ananas pain de sucre est générée tous les jours.

Ce sont d’ailleurs les tas d’immondices du marché qui ont attiré l’attention de Mark Giannelli, fondateur de ReBin. «J’ai vu cela non pas comme un problème mais comme une opportunité. Je me suis dit que cela constituait une mine d’or», raconte-t-il à l’AFP.

Au Ghana ou au Togo

En prospection pour l’installation d’un centre pilote au Ghana ou au Togo voisins, c’est finalement dans ce petit village du Bénin, particulièrement enthousiaste à l’idée du projet, que l’homme d’affaires a posé ses valises il y a moins d’un an.

Son but est de mettre en place «une vraie économie qui serve la population et protège l’environnement». L’argument de la proximité est aussi mis en avant: «Le but est d’éviter les grands voyages d’ordures. Il faut prendre les problèmes localement et leur trouver des solutions locales», dit-il.

Mark Giannelli souhaite étendre le projet pilote à des communes plus grandes et transférer la technologie, pour que des entrepreneurs locaux prennent le relais. «On doit dupliquer ce centre dans les 77 communes» du Bénin, explique Sewai Mardochée, ingénieur en valorisation des déchets et directeur du centre pilote. «On pourra alors créer de l’emploi et assainir notre cadre de vie en diminuant l’utilisation du bois de chauffe et du charbon», projette-t-il.

Nicolas Hounjè, fonctionnaire à la retraite, s’est déjà proposé pour reprendre la société: «Nous ne savions pas chez nous, ici, que les ordures pouvaient devenir sources de bonheur», souffle-t-il.

(afp) – Mercredi 22 Août 2018 À 15:39

https://m.tdg.ch/articles/5b7d5ffaab5c372ff0000001

https://www.24heures.ch/savoirs/environnement/fondation-suisse-ordures/story/13387004

http://lapresse.c4.fr/nouvelles/une-fondation-suisse-fait-de-lor-avec-des-ordures

http://www.linternaute.com/video/680531/au-benin-les-ordures-sont-devenues-de-l-or/

https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Une-fondation-suisse-fait-de–l-or-avec-des-ordures–17358486